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Karl Salomo Zachariä

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Biographie

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Karl-Salomon Zachariae (1769-1843) est un jurisconsulte allemand, essentiellement publiciste. Karl-Salomon Zachariæ est né le 14 septembre 1769, à Meissen, au bord de l'Elbe, dans un territoire faisant partie de ce qui était alors le duché de Saxe[1].

Son père était avocat, chargé de la direction de plusieurs tribunaux de justice seigneuriale. Sa mère était fille d'un pasteur protestant.

Longtemps enfant unique de ses parents, il était d'une santé fragile. Dans un premier temps, son éducation fût confiée à un instituteur particulier, le professeur Schwarz. A l'âge de quinze ans, il entra à l'école princière de Meissen. A dix-huit ans, il s'inscrit le 27 janvier 1787 à l'université de Leipzig. Sous l'influence de son oncle par alliance, professeur de philosophie, il étudie pendant les deux premières années la philosophie, l'histoire, les mathématiques et la philologie. Cet oncle, le professeur Klaussing, un anglais polyglotte et grand voyageur, avait enseigné le droit ancien ecclésiastique à Leipzig. A cinquante ans, il s'épris de la sœur cadette du père de Zachariae et l'épousa en 1787. Les époux accueilleront Zachariae dans leur demeure de Leipzig pendant les cinq ans où il séjourna dans cette ville pour ses études.

Il explique lui-même:

"Soit que mon oncle ne connût ni le droit ni sa méthodologie, soit qu'il pensât que l'acquisition de toute science positive est chose facile quand on possède un développement général suffisant, il m'engagea à suivre presque exclusivement pendant les deux premières années de mon séjour à l'université, des cours de philosophie, d'histoire, de mathématiques et de philosophie. Cette impulsion donnée à mes travaux a eu pour résultat que je n'ai jamais étudié le droit positif aussi exclusivement, comme tel, que l'ont fait les autres jurisconsultes auxquels j'ai eu l'occasion de me comparer: ce sont toujours les principes généraux et l'esprit de chaque législation qui ont principalement captivé mon attention "[2]. Devant financer ses études, il se fit répétiteur.

En 1792, il accepta la place de précepteur d'un jeune comte de la Lippe, de deux ans plus jeune que lui, qu'il accompagna à l'université de Wittenberg. Il y fait la connaissance de Novalis et de Theodor Hell. Le service militaire appela son élève, de sorte que Zachariæ dû reprendre ses études. Le 30 avril 1794, il obtient le diplôme de Magister. Dans le courant de l'été 1794, il donne ses premières leçons de droit public sur le droit canon et le discours de Cicéron pour Quinctius. Il est habilité à l'enseignement le 30 avril 1795, en tant que titulaire du baccalauréat de droit. Le 30 juin 1795, il obtient le titre de docteur en droit après avoir soutenu une thèse intitulé: "Origines comitiorum quae in imperio Sacro Romano-germanico celebrantur".

Il est agrégé en 1797.

Il devient, le 27 novembre 1800, professeur à la faculté de droit de l'université de Wittenberg, puis professeur titulaire le 29 juillet 1802. Zachariae est assesseur de la Cour des échevins de Wittenberg et assesseur du tribunal régional de Niederlausitz à Lübben. La juridiction du présidial de Lübben était tant de nom que de fait la plus haute du pays. Elle se composait d'un banc de seigneurs et d'un banc de savants occupé par six docteurs en droit[3]. Un usage du Duché de Saxe voulait que l'université soit saisie de affaires que lui adressaient des magistrats. La faculté de droit de Wittemberg avait donc vocation tant à enseigner le droit qu'à l'appliquer en tant que Spruch-collegium[4].

En 1806, les troupes napoléoniennes envahissent les territoires allemands, amenant d'ailleurs Zachariae à les détester franchement: "Ils s'amusaient avec notre argent qu'ils prodiguaient en de pompeuses fêtes; pour moi, j'étais triste, et ne cessais d'être mal à mon aise au milieu de cet entourage, où les maîtres étaient devenus des serviteurs".

En 1807, il accepte l'invitation de Thibaut, alors protecteur de cette université, une chaire de philosophie du droit à l'université de Heidelberg, où il restera jusqu'à la fin de sa vie.

En 1808, il publie son Manuel de droit civil français, qui sera édité, réédité, traduit et commenté dans toute l'Europe.

En 1809, il rédige le manuscrit inachevé de l'Esprit de la constitution française comparé à la constitution de la confédération du Rhin.

Il se marie en 1811 avec Johanna Glaeser, issue d'une ancienne famille de Pegau en Saxe. Ils auront deux enfants, une fille et un garçon, né le 24 décembre 1812, qui deviendra professeur à son tour. Zachariae von Lingenthal ou plus exactement Karl Eduard Zachariae von Lingenthal, sera un historien du droit renommé. En 1815, mère et fille décèdent.

Par la suite, les mouvements politiques de son époque lui donneront l'occasion de mettre en pratique ses connaissances de la théorie de l'Etat. En 1820, il est chargé de représenter l'université de Heidelberg à la première chambre des députés. Il y siègera jusqu'en 1825. Elu député à la seconde chambre, il sera membre de la commission législative où il rédigera un projet de code pénal, puis une traduction officielle du code Napoléon. Le Grand-Duc Louis lui manifestera sa reconnaissance en lui conférant diverses dignités.

Il mourra le 27 mars 1843, à Heidelberg.

Œuvres

Cet auteur allemand, fasciné par le Code civil français, va vouloir en présenter la teneur à ses contemporains. Ce faisant, il constate les défauts de la structure même du Code et s'en détachant, il réalise une présentation doctrinale des règles qu'il contient. Cet ouvrage sera traduit par Aubry et Rau, qui, s'inspirant de cette démarche doctrinale, vont rompre avec la tradition des Cours de Code civil pour réaliser un véritable manuel de droit.


Bibliographie

Die Einheit des Staats und der Kirche mit Rücksicht auf die Deutsche Reichsverfassung], 1797

Christian Gottlob Gläser. Wittenberg: Meltzer, 1801

Anfangsgründe des philosophischen Privatrechtes. Nebst einer Einleitung in die philosophische Rechtswissenschaft überhaupt. Wittenberg: Sommer, 1804 Versuch einer allgemeinen Hermeneutik des Rechts. Meißen: Erbstein, 1805

Die Wissenschaft der Gesetzgebung. 1806

Ius publicum civitatum, quae foederi Rhenano adscriptae sunt. Mohr und Zimmer, 1807

• Handbuch des französischen Zivilrechts. 3 Bände, 1808-1827

• Das Staatsrecht der Rheinischen Bundesstaaten und das Rheinische Bundesrecht erläutert in einer Reihe Abhandlungen 1810

• Für die Erhaltung der Universität Heidelberg / im Nahmen der Lehrer der Universität ausgearbeitet. Heidelberg: Mohr und Winter, 1817

• Vierzig Bücher vom Staate. 3 Bände. Stuttgart und Tübingen: Cotta, 1820

• Strafgesetzbuch : Entwurf ; mit e. Darstellung der Grundlagen des Entwurfes. Osswald, Heidelberg 1826 (Digitalisat der ULB Düsseldorf)

• Der Kampf des Grundeigenthumes gegen die Grundherrlichkeit. Dargestellt und beurtheilt. Heidelberg: Oßwald, 1832

• Lucius Cornelius Sulla, genannt der Glückliche, als Ordner des römischen Freystaates dargestellt. Heidelberg: Oßwald, 1834

• Abhandlungen aus dem Gebiethe der Staatswirthschaftslehre. Heidelberg, Oßwald 1835

• Vierzig Bücher vom Staate, umgearbeitete Auflage, 7 Bände, 1839-1843

Références

• Joseph ORSIER, Vie et travaux de Zachariae (Karl-Salomon), jurisconsulte et publiciste allemand: d'après des documents inédits, Librairie Internationale, 1869 - 119 pages GoogleBooks.

• Charles Antoine BROCHER, K.-S. Zachariæ sa vie et ses œuvres, éd. August Durand et Pedone-Lauriel, Paris, 1869 GoogleBooks.

Voir aussi

Auteure

Notes

  1. En 1356, lorsque l'empereur Charles IV promulgua la Bulle d'or, la loi fondamentale qui établissait les méthodes d'élection de l'empereur, le duché de Saxe-Wittemberg fut désigné comme l'un des sept électorats. Le duc reçut donc le droit, avec six autres électeurs, d'élire le roi des Romains, futur empereur du Saint-Empire romain germanique. De ce fait, l'Électorat de Saxe, bien que de petite taille, avait une position influente.
  2. BROCHEN, p.5.
  3. Orsier, p.35-35.
  4. Orsier, ib.